Une lettre pour travailler mieux & vivre bien
Une semaine sur deux, je partage une réflexion sur le travail et le leadership durables, et la façon dont on peut construire une vie qui tient — sans choisir entre ambition et intégrité.
Pas de tips formatés, pas de recettes miracles, mais des questions qui comptent, des observations de terrain, et parfois un coup de projecteur sur ce qui me traverse.
→ Si vous aimez penser par vous-même, vous êtes au bon endroit.
Ce que l’IA ne résout pas
Et si ce qui est vraiment difficile au travail n'était pas résolu par l'IA — mais bien par notre capacité à rester humains dans des situations complexes ?
Je partage ma réflexion à ce sujet, et l'interview de Gaëtan de Lavilleon sur ce que le travail devrait vraiment prendre en compte de nos besoins cognitifs.
Full analog richness
Ce weekend, je me suis offert une radio. Pas de Bluetooth, pas d'appli — juste un bouton on/off. Ça m'a rappelé une formule de Cal Newport : "quand on fait l'expérience de la vie dans toute sa richesse analogique, l'attrait du numérique diminue." Et si c'était aussi simple que ça ?
« Je prends ! » ou comment accepter les compliments
"JE PRENDS !"
C'est ce qu'une amie s'est exclamée récemment, avec un grand sourire, quand quelqu'un la félicitait pour son travail. Comme si elle attrapait au vol ces paroles pour les garder avec elle.
J'ai adoré cette expression. Parce qu'accepter les compliments, ce n'est pas si simple. On minimise, on relativise, on détourne. "Oh ce n'est rien", "je n'y suis pas pour grand-chose".
Et si on s'entraînait juste à dire "merci" ? Ou "je prends" ?
Qu’est-ce que vous faites à la place d’écouter ?
Pensez à la dernière fois où vous avez vraiment écouté quelqu'un.
Pas juste en silence au sens de "sans parler". Mais en silence dans votre tête. Sans chercher à répondre, à donner du sens, à trouver des solutions.
Ce n'est pas inné. Notre élan spontané nous pousse à chercher à avoir raison, ou à faire entendre ce que nous pensons. A fortiori quand on a des responsabilités, et qu'on pense – à tort – que notre rôle est de résoudre tous les problèmes, d’avoir une réponse à tout.
La bonne nouvelle ? L'écoute s'apprend.
Le "suffisamment bien", et pourquoi c'est si difficile
Où faites-vous trop, sans valeur ajoutée ?
Cette semaine, j'ai animé une conférence sur les attentes paradoxales vis-à-vis des managers. Une participante a raconté une histoire qui m'a marquée : comment un de ses supérieurs lui a fait comprendre, avec beaucoup d'élégance, qu'elle pouvait faire tout aussi bien... en faisant moins.
Ça m'a fait réfléchir à cette question du "suffisamment bien". Dans tous les métiers, on hérite de façons de faire, d'habitudes, de standards de qualité... qu'on ne questionne plus vraiment.
Sonner juste
La justesse embarque les autres.
J'y pense beaucoup ces derniers temps. Cette capacité à écouter ce qui sonne juste pour soi, à tracer sa voie même quand tout pousse à l'inverse. Mosimann l'a fait : 15 ans à polir son art, loin des projecteurs, avant que ça "tombe sous le sens".
Quand on manage, quand on porte des responsabilités, on sollicite énormément le mental. On analyse, on pèse, on rationalise. Et parfois, malgré toute cette réflexion, on reste bloqué. La décision ne vient pas. On ne trouve pas ce qui « sonne juste », justement.