Pas tort

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous écris de Paris où je passe une bonne partie de la semaine - pour animer un atelier pour des managers chez un client avec qui je travaille depuis des années dans la confiance et la créativité (les meilleures collaborations). Et aussi pour suivre les 3 derniers jours de ma formation au coaching systémique, c’est-à-dire le coaching des systèmes humains, d’équipes, de relations. C’est une formation que j’avais envie de suivre depuis plusieurs années, témoin quotidienne de la dimension collective de beaucoup de sujets pour lesquels mes clients viennent me voir en coaching… individuel.

Les relations humaines de qualité sont une des dimensions les plus importantes et les moins évidentes de ce que l’on nomme la qualité de vie au travail. Et ce que j’entends par « de qualité », ça n’est ni l’harmonie permanente, ni l’accord en toutes circonstances. Bien sûr que non.

C’est l’assurance que l’on peut compter sur l’honnêteté, l’intégrité, voire le soutien des personnes qui nous entourent. La confiance que l’on peut se tromper, douter, être en désaccord, se dire des choses difficiles, sans que la relation ne s’écroule ou que cela ne se retourne contre soi.

Une des choses les plus simples et les plus puissantes que j’ai retenues de cette formation, c’est une des règles que nous avons apprises dès le premier jour de formation : tout le monde a raison… partiellement.

Cette phrase est beaucoup plus qu’une évidence ou une jolie phrase, un peu sophistiquée, sur laquelle on peut acquiescer en se donnant bonne conscience. C’est une responsabilité, une discipline, une promesse qui oblige.

Elle dit que nous détenons toutes et tous une perspective, une vision des choses qui dit une partie de la vérité. Elle demande beaucoup d’agilité : quand nous sommes en désaccord avec quelqu’un, plutôt que d’affûter nos arguments, elle nous demande de nous poser la question « quels sont les 2% de vérité dans ce que dit cette personne ? ». Cela nous oblige à choisir la curiosité plutôt que la certitude ou le jugement.

Imaginez un manager convaincu qu'il faut être exigeant pour tirer son équipe vers le haut, face à une équipe qui lui reproche de ne jamais reconnaître ce qui est bien fait. Où sont les 2% de vérité de chaque côté ? Peut-être que l'exigence est nécessaire pour maintenir le niveau. Et certainement que la reconnaissance nourrit la motivation autant que l'exigence. Il y a alors un terrain de discussion fertile possible.

2 tout petits pourcents, c’est généralement à notre portée. Et à partir de là, des choses importantes se produisent : on peut se parler, s’écouter, rester en lien. Parfois même, on arrive à voir qu’il y a plus que 2% de vérité.

Ça me fait penser à cette phrase de Pierre Dac que ma mère dit toujours :

« Quand on voit ce qu'on voit, que l'on entend ce qu'on entend et que l'on sait ce que qu'on sait, on a raison de penser ce qu'on pense. »

Vous essayez la prochaine fois que quelqu’un dit quelque chose avec lequel vous n’êtes pas d’accord ? Entraînez-vous sur des petits sujets, avant de passer à de plus lourds. (Pendant la formation, un des exercices était d’aller faire un tour – mentalement – dans la vision du monde de quelqu’un dont les idées sont aux antipodes des nôtres… très inconfortable & éclairant sur ce qui nous déclenche, donc ce qui nous anime profondément.)

Ces relations de qualité au travail, elles demandent aussi que l'on puisse être soi, sans jouer un personnage. C'est ce qu'explorait Renaud Borderie dans le dernier épisode de RELIER : "Est-ce qu'on est réellement épuisé par notre travail, ou est-ce qu'on n'est pas épuisé par le personnage que nous pensons devoir jouer ?"

Ces managers qui se rigidifient avant chaque réunion parce qu'il faut "être impactant". Ces femmes à qui on répète qu'il faut prendre plus de place, comme si exister voulait dire faire plus de bruit. La jeune manager que j'étais, qui ne s'habillait plus qu'en noir pour faire plus âgée.

Renaud est comédien, metteur en scène, thérapeute, auteur de "Être ou ne pas être charismatique". Avec lui, on a parlé de charisme, mais pas celui qui en impose - plutôt celui qui crée du lien. De présence réelle, pas de performance lisse, "professionnelle".

Le 29 mai, on se retrouve en atelier pour ancrer ces éclairages dans nos pratiques. RELIER, c'est un espace où on peut ne pas être d'accord, douter à voix haute, chercher les 2% de vérité dans la vision de l'autre. Un espace de pairs qui vivent les mêmes enjeux, et qui peuvent tomber le masque pour avancer ensemble.

​​Sincèrement,

Sandra

PS : Ces questions de perspectives multiples, de désaccords à tenir ensemble, de relations qui se construisent dans la différence plutôt que malgré elle - c'est exactement ce qui se joue dans les équipes. Je suis donc très heureuse de vous l'annoncer officiellement : j'accompagne désormais aussi les équipes ! Du binôme d'associé·es, aux équipes terrain, en passant par les comités de direction. Si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à me contacter.


Renaud Borderie sur l’art de la présence juste

Il y a une phrase de Renaud Borderie qui m'a saisie pendant notre conversation : "Est-ce qu'on est réellement épuisé par notre travail, ou est-ce qu'on n'est pas épuisé par le personnage que nous pensons devoir jouer ?"

Renaud est comédien, metteur en scène, thérapeute et auteur de "Être ou ne pas être charismatique". Depuis des années, il accompagne des dirigeants et des managers sur leur prise de parole et leur présence.

Son constat est frappant : la plupart ne souffrent pas d'un manque de compétence, mais du personnage qu'ils pensent devoir incarner.

Avec Renaud, nous explorons :
👉 Ce que le mot "charisme" veut vraiment dire quand on arrête d'en avoir peur
👉 Pourquoi la vulnérabilité n'est pas une stratégie mais un laisser-faire

👉 Comment se recentrer avant une prise de parole (prise de tête ? prise de terre)
👉 Ce que Sarah Bernhardt peut nous apprendre sur le trac après 40 ans de scène
👉 Pourquoi, dans un monde où tout devient lisse grâce à (à cause de !) l'IA, nous aurons de plus en plus besoin de gens qui sont réellement là

Si vous portez une équipe et que vous avez parfois l'impression de disparaître derrière le rôle qu'on attend de vous, cet épisode est pour vous.

Cet échange a été enregistré dans le cadre de RELIER, l'espace pour les managers qui veulent travailler mieux et vivre bien.

Vous découvrez dans le podcast la première partie de l'interview. Les membres ont ensuite échangé longuement avec Renaud pour approfondir et poser leurs questions.

Le 29 mai se tiendra un atelier pratique pour ancrer tout ça dans vos réalités de manager.

Envie de vivre l'atelier avec nous ?


Les femmes et l’IA

Cette semaine, la parole est à Pauline Trequesser, pionnière dans le développement de communautés de travailleurs indépendants, qui démarre maintenant un nouveau projet entrepreneurial autour de l’IA et son impact sur notre manière de coopérer.

Le mardi 2 juin à 18h30 à Bordeaux, Pauline Trequesser et Élodie Soumeillan ouvrent une conversation qu'elles ont longtemps eue entre elles : l'IA et les femmes. Pas comme un sujet tendance, comme une question politique. Les outils de demain se construisent maintenant, et si on ne s'en empare pas, dans dix ans on dira que l'IA "ne nous correspond pas". Au micro de cette première soirée : Tifany Clémenceau (Eria), Fiona Fauvel (DealCockpit), Élodie Soumeillan et Pauline Trequesser. Format chaleureux, participatif, 50 personnes max. Gratuit, sur inscription ici : luma.com/bx5g953n

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