Le "suffisamment bien", et pourquoi c'est si difficile

📸 Artur Kornakov pour Unsplash

Ce lundi j’étais à l’INSP (Institut National du Service Public) à Paris pour animer une conférence (participative, toujours) d’une demi-journée pour un public de magistrats et hauts fonctionnaires. Le sujet : l’action managériale.

Ce temps représentait une introduction pour leurs deux jours de formation sur le sujet, dans un cursus par ailleurs très technique, poussé et en lien avec leurs métiers. En les écoutant pour comprendre les besoins, j’ai eu l’envie d’aborder avec eux les attentes paradoxales qui viennent avec leurs rôles, qu’ils soient managers (avec un lien hiérarchique) ou leaders ("sans carotte ni bâton pour faire avancer les équipes", pour reprendre leurs termes).

J’en avais identifié 5, parmi ceux que je vois le plus souvent chez les managers que j’accompagne :

- Être bienveillant & exigeant

- Donner le cadre & laisser l’autonomie

- Écouter & trancher

- S’intéresser à l’individu & faire vivre le collectif

- Prendre soin des équipes & d’eux-mêmes

(Vous les vivez aussi ?)

Dans la partie sur le cadre & l’autonomie, nous avons eu une discussion passionnante sur le niveau de qualité / détail / dentelle attendu dans un jugement. Une participante a partagé une anecdote : alors qu’elle croulait sous les dossiers, un de ses supérieurs était passé la voir dans son bureau, et lui avait proposé – avec beaucoup de bienveillance – d’en récupérer plusieurs pour la soulager.

A sa grande surprise, elle a vu les dossiers revenir quelques heures plus tard seulement, traités. C’est en ouvrant le premier qu’elle a compris ce qui était attendu d’elle : des jugements tout aussi rigoureux, et beaucoup plus concis. « J’ai alors changé ma façon de travailler », nous a-t-elle dit, en gardant à l’esprit le « client » final : ici le justiciable, qui attend son jugement.

J’ai trouvé ce témoignage marquant, pour plusieurs raisons :

- L’habilité de son supérieur, qui lui a offert une leçon précieuse avec beaucoup de délicatesse et d’efficacité ;

- La capacité de remise en question dont elle a fait preuve – le changement de perspective depuis « je dois rendre les ‘meilleurs’ jugements possibles » à « je dois rendre les meilleurs jugements qui servent aux justiciables » ;

- Et aussi, le côté universel de cet exemple : dans tous les corps de métier, cette réflexion du « suffisamment bien » est une réflexion essentielle à mener. Quels sont les efforts qui se justifient parce qu’ils améliorent significativement le service rendu / le produit ? Et quels sont ceux qui sont hérités (d’une formation, où on a appris à faire d’une certaine manière alors que la réalité du terrain nécessiterait autre chose ; d’une façon de faire historique, insuffisamment questionnée au fil des ans…), automatiques ?

Puisque ce qui nous occupe ici c’est le travail et le leadership « durables », le « travailler mieux », c’est cette réflexion que je vous offre en miroir pour vous aujourd’hui.

  • Où pourriez-vous appliquer le « suffisamment bien » dans votre quotidien ?

  • Où avez-vous pris l’habitude de faire plus, trop, au détriment d’autre chose, ou sans valeur ajoutée évidente ?

  • Comment pourriez-vous braver l’inconfort de faire moins ou différemment ?

C'est exactement ce type de question que l'on explore ensemble dans RELIER.

La semaine dernière, on a démarré avec Chiara Kirschner et les membres pionniers. Un grand moment que celui de transformer cet espace d'interview en tête à tête en espace d'échange collectif. Les participants ont donné une autre dimension à la discussion avec leurs questions et témoignages sur leurs propres blocages de décision.

La première partie de l'interview (sans les Q&R) est maintenant disponible sur vos plateformes habituelles.

Et le 27 février, on passe à l'action : atelier de mise en pratique de la méthode de Chiara, avec Chiara en personne en bonus ! Nous avons eu notre appel de préparation hier, et je peux vous dire que ça va être un moment fort : vous allez bouger (littéralement) et étendre vos perspectives sur la manière dont vous prenez vos décisions. Du RELIER comme j'en ai rêvé pour vous !

Vous pouvez rejoindre RELIER à tout moment (y compris si l'interview du mois est passée) - pour un mois pour tester, ou en vous engageant plus longuement.

Rendez-vous le 27 février ?

Bien sincèrement,

Sandra

Le concept de « suffisamment bien » est emprunté aux travaux du psychologue Donald Winnicott qui a introduit celui de la « mère suffisamment bonne » - passionnant, et très éclairant au-delà de la parentalité. Un concept qui revient souvent avec les personnes que j’accompagne en coaching.


RELIER avec Chiara

Un des piliers de RELIER, c’est de faciliter le passage à l’action, pour aller au-delà de l’inspiration et promouvoir des façons de travailler et de diriger plus durables.

Le 27 février, nous transposerons la méthode de Chiara, qu’elle aborde dans son livre Marcher pour décider, et dans l’épisode de cette semaine, à vos contextes de managers.


Bonus : Chiara sera avec nous pour cet atelier ! Vous pourrez ajuster la méthode en direct selon vos situations réelles.

Il est encore temps de nous rejoindre !
Toutes les infos sont ici


RELIER, c'est ça : inspiration venue d'ailleurs + passage à l'action concrète + communauté de pairs qui se challengent et s’entraident.


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à lire et à écouter

Je suis plongée dans la lecture du sublime ‘L’étrange tumulte de nos jours’ de Claire Messud.

Et cette semaine, immense plaisir à aller écouter Patrick Watson et La Force en concert. Sa présence sur scène, son immense talent de musicien et d’expérimentation, et sa manière d’embarquer son public en ont fait une des plus belles expériences de concert que j’ai pu vivre. S’il passe près de chez vous et que vous aimez sa musique, filez le voir.

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