Ce que l’IA ne résout pas

📸 Mihai Surdu pour Unsplash

Chères lectrices, chers lecteurs,

Vous avez peut-être vous aussi profité d’un long weekend ensoleillé, je vous le souhaite ! Ici, c’était les mains dans la terre (lettre à venir à ce propos, tant mettre les mains dans la terre est inhabituel pour moi), au bord des terrains de sport à encourager mes enfants, sur des chemins à courir ou dans la forêt en famille. A cacher puis manger des œufs en chocolat aussi. Loin de tout écran, c’est certain. Un long weekend de « pleine richesse analogique » , comme j’en parlais dans ma dernière lettre.

Et dès la reconnexion à mes emails professionnels, le sujet est là, inévitable : l’IA.

Je fais beaucoup de veille – par curiosité profonde et pour nourrir mon travail – et je suis assaillie par les articles couvrant le sujet de l’IA & le travail, sous tous ses angles : comment s’en servir, quand s’en servir, quand ne pas s’en servir, est-ce qu’elle augmente ou diminue la charge de travail, libère ou vole le temps, favorise ou empêche la collaboration ?

Ce qui me frappe le plus, ce n’est pas tant la vitesse de développement de cet outil (outil n’est d’ailleurs pas le bon mot tant il restructure en profondeur notre façon de vivre), mais le décalage croissant entre les sujets que mes clients amènent dans leurs sessions de coaching et ce que l’IA promet d’augmenter, accélérer, simplifier, automatiser.

Ce que j’entends quotidiennement dans les sessions avec mes clients, ce sont des sujets touchant au fond de ce qui fait notre humanité : l’ambivalence, le choix, le doute, la confiance, le courage, le conflit, la confrontation, l’autorité, la frustration, les relations… et comment se débrouiller dans ce joyeux bazar.

Ce qui pose problème ou question au travail, ce qui est complexe, n’est pas directement résolu par l’IA. On peut choisir de se faire conseiller par l’IA (« Tu es la manager de B. dont le travail n’est pas à la hauteur de ce que l’on attend pour ce poste. Voici toutes les infos factuelles. Tu dois le lui signifier au prochain point individuel, comment lui formulerais-tu ? »). Mais quelle est l’étape suivante ? Demander à l’IA de mener la discussion à votre place ? Nous n’en sommes peut-être pas loin, mais je n’ai encore jamais entendu ça chez mes clients. Non, la prochaine étape, c’est d’y aller, d’aller dire à B. que son travail n’est pas à la hauteur. Et c’est bien ça qui est difficile : le dire, en argumentant avec respect pour B. et l’exigence de ce que vous défendez en lui faisant ce retour. En somme, avec une habileté toute humaine qui est au cœur de la complexité du rôle de manager (et d'ami.e, de mère, de voisin.e, de frère...).

Ce sujet de l’IA au travail est un des nombreux sujets que nous avons abordés avec Gaëtan de Lavilleon dans l’interview qui paraît aujourd’hui. Un échange guidé par cette question : comment faire en sorte que le travail tienne mieux compte de nos besoins cognitifs, dans un contexte où nous travaillons souvent en dépit de notre physiologie ?

L’échange que vous pouvez écouter s’est ensuite poursuivi par 45 minutes de questions des membres RELIER. Des questions au cœur du vécu de ces managers, comme

  • comment aménager du temps de récupération dans une journée de travail ?

  • comment continuer à motiver des équipes dans un contexte de transformations qui se succèdent à grande vitesse ?

  • assumer ou non de dire que l’on n’a pas la réponse à une équipe dont on vient de prendre la direction ?

le tout sous l’angle des sciences cognitives.

En rejoignant RELIER, vous avez accès aux replays des sessions de Q/R précédentes, et surtout aux lives à venir : ateliers, interviews. Vous pouvez nous rejoindre à tout moment.

Si vous avez envie de passer de l’inspiration à la pratique, et rencontrer des managers, comme vous, motivés pour adopter et propager des modes de travail plus durables, l’atelier se déroulera le 17 avril, de 11h à 12h30.

Bonne courte semaine (la première d’une longue série à venir), et racontez-moi en retour ce qui fait écho dans cet échange avec Gaëtan !

Sincèrement,

Sandra

PS : dans ma veille récente, j’ai trouvé cet article intéressant : cet acronyme ‘CBS’ fera peut-être écho pour vous. Et vous verrez en articles suggérés sur le côté, 4 articles sur… l’IA !


Interview de Gaëtan

Nous travaillons la plupart du temps en dépit de notre physiologie, et les conséquences de cela créent chez les individus un énorme sentiment d'échec - comme si c’était leur manque individuel de motivation, de concentration ou d’organisation qui était en cause.

C’est ce constat fait quotidiennement que j’ai eu envie de décortiquer avec Gaëtan de Lavilleon dans ce 3ème épisode de RELIER. Gaëtan est neuroscientifique et fondateur de Cog'X, un cabinet qui aide les organisations à révéler et préserver le capital cognitif et social des individus qui les composent.

Son constat est brutal : il y a un gap immense entre ce dont notre cerveau a besoin pour bien fonctionner, et la manière dont le travail est organisé.

Avec Gaëtan, nous explorons quatre besoins physiologiques que le travail ignore régulièrement :

👉 Le besoin de repos - et pourquoi il est intéressant de traiter son cerveau comme un sportif son corps

👉 Le besoin de se concentrer - et ce qui se passe quand vous mettez vos ressources cognitives en “accès libre”

👉 Le besoin de s'adapter - et pourquoi la résistance au changement n'est pas ce que vous croyez

👉 Le besoin d'être en relation - et pourquoi il est essentiel de cultiver notre capital social

Nous parlons aussi du mythe de l'IA qui ferait gagner du temps, de l'impact invisible du pouvoir sur la cognition, et surtout de solutions pour changer nos façons de faire.

Si vous enchaînez les réunions sans pause, répondez aux messages Teams tout en travaillant sur des dossiers de fond, et finissez la journée vidé en vous demandant ce que vous accompli dans la journée, cet épisode est pour vous.

Cet échange a été enregistré dans RELIER, l'espace pour les managers qui veulent travailler mieux et vivre bien.

  • Vous découvrez dans le podcast la première partie de l'interview

  • Les membres ont ensuite échangé longuement avec Gaëtan pour approfondir – et les questions étaient nombreuses !

  • Le 17 avril se tiendra un atelier pratique pour transposer ces connaissances à vos contextes

Envie de vivre l'atelier avec nous ?

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