Reliés
Chères lectrices, chers lecteurs,
C’est le cœur serré que je vous écris cette lettre, ce lundi 27 juillet. Depuis près d’une semaine, le département dans lequel je vis, la Gironde, brûle – comme tant d’autres régions en France et dans le monde.
J’avais prévu une lettre plus légère, avec des recommandations de lecture, et je vais y venir, promis.
Mais avant cela, quelques réflexions et observations sur ce qui se déroule, en lien avec les sujets qui nous occupent ici.
Je crois que le mot RELIER n’a jamais eu autant de sens. En l’occurrence sous la forme RELIÉS :
- RELIÉS, parce que la peine que nous éprouvons n’est pas seulement liée aux pertes matérielles pour les humains, mais à la perte d’un habitat, d’une nature, d’une faune. Reliés avec le Vivant.
- RELIÉS, parce que j’observe la tristesse partagée par toutes et tous : pas seulement les locaux, ou les personnes directement affectées. Les Françaises et les Français, proches géographiquement ou pas. Reliés dans la peine.
- RELIÉS, parce que les causes de ces incendies ne sont pas une étincelle de débroussailleuse, mais un ensemble de comportements, de politiques, de modes de vie, qui ont provoqué une sécheresse dangereuse. Reliées aussi, les causes.
- RELIÉS, parce que s’il y a une chose qui me met du baume au cœur ces jours-ci, ce sont les élans de générosité et d’entraide qui animent notre région. Partout dans les mairies, sur les territoires, des personnes viennent donner des vivres, des couvertures, des jouets, pour adoucir un peu le quotidien des pompiers et des évacués. Partout, les gens disent "On n'est pas à plaindre nous", demandent "comment je peux aider", et font leur part, ce qu’ils peuvent. On a vu les agriculteurs accourir de toute la France, et la même chose se produit à tous les niveaux de notre tissu social. Reliés dans la solidarité et l’envie d’aider. Reliés dans le souci et le soin de l’autre.
- RELIÉS, enfin, parce que les prises de conscience autour de l’impact de nos modes de vie sur notre planète semblent accélérées ces derniers jours. Ce qui était une idée abstraite devient une réalité très concrète : 4 degrés de plus, c’est invivable en l’état actuel des infrastructures, de nos organisations de vies. Reliés dans l’urgence de changer et le deuil d’un monde qui n’est plus, il est urgent de le reconnaître.
Reliés, et intraconnectés même, comme dirait Dan Siegel.
A titre personnel, cette situation me confronte brutalement à la question de la cohérence entre mes valeurs et mes actes au quotidien. Il y a des arrangements dont je m’accommodais – parce que la vie est faite d’arrangements de conscience, de « petits mouchoirs » comme le disait Guillaume Canet, et que personne n’est irréprochable et cohérent à tout moment – dont certains me sont devenus beaucoup plus difficiles. Une dissonance cognitive qui ne me quitte pas. Je vais attendre d’avoir un peu plus de recul et la tête plus froide pour partager cela ici, car c’est très lié au "travailler mieux & vivre bien" qui nous relie.
Très curieuse de savoir comment tout cela vous affecte, ce que cet été 2026 provoque chez vous. N’hésitez pas à m’écrire, je lis et réponds toujours (même très en retard parfois).
Ce qui met du baume au cœur dans ces moments, c’est bien la créativité et la création, la beauté que l’Homme est capable de produire. C'est ce qui nous tient debout.
Alors voici, comme promis, quelques recos de livres pour vos lectures estivales.
Ceux que j’ai lus cette année et qui m’ont marquée
Demain & demain & demain de Gabrielle Zevin
J’ai adoré ce livre sur l’amitié et l’amour, le deuil, la fin de l’adolescence et l’entrée dans la vie adulte. Deux passionnés de jeux vidéo se rencontrent enfants à l'hôpital, se retrouvent des années plus tard, et créent ensemble un univers qui les propulse au sommet - avant que l'ambition et la jalousie ne s'en mêlent. Magnifique.
La diagonale de la joie de Corine Sombrun
Corine Sombrun a été initiée à la transe chamanique en Mongolie, puis a passé vingt ans à l'explorer scientifiquement, se prêtant à toutes les investigations de l'imagerie cérébrale. Un livre qui relie la transe et la science, et ouvre des pistes vertigineuses sur la connaissance de soi et le rapport au vivant. Passionnant.
Ceux que j’emmène avec moi en vacances
Sidérations, de Richard Powers
Le sujet m'attire beaucoup : un père astrobiologiste élève seul son fils Robin après la mort de sa femme. Robin, sujet à des crises de rage, va s'entraîner grâce à l'intelligence artificielle à développer son empathie et réguler ses émotions. Ce mélange de tech et d'ultra-humain m'intrigue énormément - d'autant que j'avais adoré L'Arbre-monde du même auteur.
J’emmène aussi deux romans en anglais chaleureusement recommandés par mes super libraires de quartier :
The Correspondent, de Virginia Evans (La correspondante)
L'histoire d'une femme qui se déroule et se découvre à travers les lettres qu'elle a écrites, toute sa vie, à son entourage. Greffière au chignon strict, vieille dame longeant le fleuve, adolescente dévorant Tolkien : lettre après lettre on découvre le portrait d'une femme multiple. L'idée de raconter une vie entière par sa correspondance me touche beaucoup.
Behind the scenes at the museum de Kate Atkinson (Dans les coulisses du musée)
Celui-ci, c'est pour l'humour. Il paraît qu'il est féroce et drôle, et j'adore l'humour anglais. Mes libraires me l'ont chaudement recommandé : la petite Ruby Lennox raconte sa famille anglaise (pas tout à fait ordinaire) avec une lucidité réjouissante. Prix Whitbread 1996, devant Salman Rushdie, rien que ça.
Ceux que j’ai reçus
Si le management m’était conté, de Bruce Braban
Bruce est un auditeur qui a eu la gentillesse de m’envoyer son livre. Sa démarche avec cet essai m’a beaucoup plu : utiliser 80 contes et récits pour porter un regard nouveau sur les défis du management (développer son discernement, renforcer la coopération, cultiver la persévérance, mieux se connaître pour mieux guider les autres). Ils se lisent un par un, ou d’affilée, et sont une très belle manière de prendre de la hauteur, et d’enclencher des conversations en équipe.
Antoinette Trubule, d’Aurélia Schneider
Aurélia Schneider, vous la connaissez, elle était l’une des premières invitées des Equilibristes pour parler de charge mentale. Antoinette Trubule est son premier roman - l'histoire d'une jeune femme rêveuse, tendre et hypocondriaque, qui n'a jamais osé l'amour, et dont la vie va basculer à la faveur d'une robe bouton d'or et d'un chat mystérieux. J'ai hâte de la découvrir sous cette nouvelle plume.
Petites phrases, grands dégâts : sexisme, racisme, âgisme... : comment agir face aux microagressions au travail ?, de Diane Gonin et Alexia Sena
Sur les microagressions au travail - ces petites phrases en apparence anodines qui blessent et excluent. Un sujet que je croise souvent dans mon accompagnement, et un livre pensé comme un mode d'emploi pour ne plus rester sans voix.
Je vous avais promis une série spéciale au mois d’août, vous la recevrez dès la semaine prochaine.
Elle s’intitule « Vous n’avez pas un problème d’équilibre », et je l’ai imaginée pour ces moments d’été où on a encore le vague souvenir de ce qui ne nous convenait pas en fermant la porte du bureau, soulagés de partir en vacances.
Ces moments où on sent qu’il faut que quelque chose change à la rentrée, sans trop savoir ce qui doit changer, ni par où prendre les choses.
J’y ai mis du cœur et des neurones, et j’espère qu’elle vous plaira et vous accompagnera utilement.
Elle est aussi un avant-goût de ce que nous travaillons dans Conscious Ambitions, dont la promo 6 démarre début octobre.
A la semaine prochaine !
Sandra
Philippe Benquet -
Favoriser la confiance : cadrer sans contrôler
Vous avez sûrement déjà entendu ce discours. « Il faut faire confiance à ses équipes. », mais dans les faits, on contrôle, on vérifie, on sécurise un peu, parce qu’on ne sait pas faire autrement.
Chez Acorus, ce discours est devenu une réalité. 2000 personnes. 18 agences. 100 mini-entreprises qui se gèrent elles-mêmes. Et depuis presque trois ans, la semaine de quatre jours pour tous.
C’est tout ce que j’avais envie de creuser avec Philippe Benquet dans cet épisode de RELIER. Philippe est président et fondateur du groupe Acorus, une entreprise spécialisée dans l’éco-rénovation des bâtiments. Un dirigeant rare, qui parle avec la même simplicité d’autonomie, de plaisir au travail et de contrepartie.
Son constat est frappant. La plupart des managers pensent la confiance comme une récompense qu’il faudrait mériter. Ils la donnent en dernier, une fois que tout a été prouvé. Or l’autonomie ne se décrète pas et ne se mérite pas non plus, elle s’organise, elle se cultive, et elle produit des effets que la plupart des dirigeants n’imaginent pas.
Avec Philippe, nous explorons :
Ce que veut dire vraiment faire confiance à ses équipes, sans naïveté ni renoncement au cadre
Pourquoi l’autonomie ne se décrète pas, mais s’organise
Comment tenir les deux exigences, prendre soin de son équipe et savoir demander en retour
La contrepartie comme socle d’un pacte tenable, et non comme un rapport de force
Ce que la semaine de quatre jours a changé chez les collaborateurs du BTP
Pourquoi les innovations en qualité de vie au travail bénéficient trop souvent aux seuls cols blancs, et ce que Philippe appelle « la revanche des techniciens »
Comment on cadre sans contrôler, et comment on laisse faire sans démissionner
Si vous cherchez à faire vivre une culture de la confiance dans votre équipe sans tomber dans le laisser-faire, cet épisode est pour vous.
Cet échange a été enregistré dans le cadre de RELIER, l’espace pour les managers qui veulent travailler mieux et vivre bien.
Vous découvrez dans le podcast la première partie de l’interview
Les membres ont ensuite échangé avec Philippe pour approfondir
Le 28 août se tiendra un atelier pratique pour ancrer tout ça dans vos réalités de manager
Envie de vivre l’atelier avec nous la prochaine fois ?
👉 Rejoignez RELIER https://www.conscious-cultures.com/accompagnement-leadership-durable-manager-relier