Prise de terre
Chères lectrices, chers lecteurs,
De la fenêtre de l’appartement où j’ai passé mes vacances, il y a une vue sur la montagne d’en face. Elle change sans arrêt, parfois dégagée, ensoleillée, parfois complètement cachée par le brouillard, parfois encore avec des nuages accrochés, comme des boules de coton.
A chaque fois que je m’assieds sur la terrasse, face à cette montagne, je vois cette grande étendue verte, cette pente, ces petits chalets, et je m’imagine en train d’y marcher. En train de contempler l’appartement depuis en face.
Cette année, arrivée en vacances, j’ai eu du mal à descendre. Pas à déconnecter, mais à m’ancrer, à me sentir là, à ne pas me perdre dans le mental et mes pensées, à décrocher de ce qui me préoccupait.
Un matin, alors que j’avais quelques heures seule devant moi, j’ai décidé de grimper et courir sur la montagne d’en face. Je suis partie, avec de l’eau, de quoi manger, et cette sensation indescriptible de liberté.
C’est drôle, la perspective :
- Vue d’en face : quelle belle étendue verte, on doit y avoir une si belle vue, je veux y aller
- Vue d’en bas : c’est raide, mais je serai heureuse une fois arrivée en haut
- Vue de dedans : oh la la, c’est vraiment trop tord-chevilles, je vais aller marcher sur l’autre chemin
- Vue de l’autre chemin : tiens, on dirait que je vais arriver là-haut malgré tout
- Vue d’en haut : j’ai bien fait de lâcher le chemin qui me flattait pour celui qui ne me disait rien à première vue.
C’est drôle, la prise de hauteur. Elle dit bien ce qu’elle dit, cette expression.
Vous le voyez, le chemin vert ?
En parcourant les chemins de montagne cet été, en prenant de l’altitude, j’ai encore une fois fait cette expérience : you can’t outthink your way out of it. (il est génial ce verbe « outthink », littéralement, on ne peut pas se hisser hors de certaines situations en y réfléchissant plus). Ce n’est pas tant qu’il faille cesser de penser, de réfléchir, mais plutôt que la réflexion seule tourne vite en rond. Elle nous enferme. Il lui faut le corps, le mouvement, et bien souvent, le dehors ou l’ailleurs.
C'est en marchant et en courant que ça s'est dénoué. Et que m'est venue une expression pour dire cette sensation d'être là, ancrée, confiante, sereine : la prise de terre.
Joie d'être là-haut
Elle ressemble à quoi votre prise de terre ? Celle qui vous fait redescendre, retrouver vos pleines ressources, vous sentir vous-même ?
Pour moi, c’est le mouvement, la nature, la solitude, la musique aussi. Le combo des 4 fait des miracles.
Elle est essentielle cette prise de terre, quand on porte des responsabilités, quand on est engagé·e dans ce que l’on fait. Essentielle, et si facile à négliger, à laisser filer.
Des prises de terre, nous en avons besoin toute l’année, pas seulement en vacances, et je vous en ai préparé plusieurs pour les mois qui viennent :
- La première soirée RELIER pour se retrouver en personne et en mouvement, dans une exploration de ce que l’on peut apprendre de soi et de sa manière de mener (des équipes, des projets) en dansant. Nous serons guidés par Yohann Hebi Daher, danseur et chorégraphe, puis nous aurons un temps d’interview avec lui, avant de nous retrouver autour de bonnes choses à manger et à boire. Une soirée pour être quelqu’un qui danse (mais pas besoin de savoir danser pour participer !), quelqu’un qui prend de la hauteur sur son leadership, et quelqu’un qui se connecte aux autres. RELIER le pro, le perso, et nos identités dans tous les domaines. Ce sera le 8 octobre à Paris.
- Le démarrage, début octobre, de la 6ème promo de Conscious Ambitions, dont je commence à vous parler plus en détail à partir de demain.
- Et le 11 septembre, c’est Laëtitia Vitaud que nous recevrons dans RELIER pour une conversation sur la diversité générationnelle au travail, un sujet qui revient dans beaucoup de mes conversations avec vous. Rejoignez-nous !
Si heureuse de voir ces projets prendre vie et de vous y retrouver.
Bonne rentrée à vous toutes et tous,
Sandra