En train de pouvoir
📸 Clinton Mwebaze pour Unsplash
Chères lectrices, chers lecteurs
Après une semaine sur la route – Paris, Troyes, le bonheur de voir mes clients « en vrai » – me revoici derrière l’ordinateur pour vous écrire.
Alors que je choisissais parmi les sujets (oui, oui, j’ai une liste d’anecdotes, d’articles, de sujets que je glane, qui me font penser à vous et me donnent envie de vous écrire), m’est revenue en tête une scène de cet été, en vacances avec ma famille.
Nous étions à l’accrobranche, et depuis le sol, au milieu de la forêt, je suivais ma fille qui progressait sur sa ligne. C’est un sacré labo d’observation, l’accrobranche, un révélateur de comportements sous stress : le stress de la difficulté physique, de la pression de celui qui est derrière et veut aller plus vite (désolée bonhomme, impossible de doubler à l’accrobranche), et stress de la comparaison sociale - la peur se dissout quand les pairs regardent, pas question de s’avouer en difficulté quand les autres y arrivent, eux.
Ce jour-là, nous n’étions que toutes les deux, et les craintes pouvaient s’exprimer, loud and clear : après tout, c’est mon rôle de les accueillir.
« Non mais maman, je ne peux vraiment pas » me criait-elle du haut de son arbre, face à des troncs qui ballotaient dans le vide. Tout en continuant à avancer, à tâter le tronc du bout de son pied pour trouver son appui. Elle riait, mi-épuisée, mi-amusée. Prête à s’arrêter, mais ne s’avouant pas vaincue. Pressée d’arriver à la tyrolienne qu’elle adore, mais vraiment effrayée par l’épreuve en cours.
« Tu es en train de pouvoir, regarde », me suis-je entendue lui répondre.
Cette formule m’a surprise. En train de pouvoir, ça ne se dit pas. Et pourtant, c’est exactement ce qu’elle était en train de faire, et ce que l’on fait chaque jour, sans s’en rendre compte.
Pensez-y : si on a de la chance, on fait régulièrement des choses que l’on ne sait pas faire, qui nous effraient peut-être, qui nous mettent en difficulté. Dont on ne sait pas si on va « y arriver » ou pas. Je dis « si on a de la chance », parce que ce sont bien ces situations qui nous font nous sentir en vie, qui parlent de nos évolutions, de nos envies qui changent, des découvertes qui nous donnent de l’élan.
C’est ce que vivent tous ces artistes, entrepreneurs (qui ne sont rien d’autre que des humains dont les expérimentations sont plus visibles que les autres), qui continuent de peaufiner leur art, de tester, d’essayer, de s’exposer, de vendre, même quand aucun indicateur du présent ne les encourage à le faire : jouer un concert devant 3 personnes, rater un lancement, se prendre des « non » toute la journée avant le « oui » qui va changer le cours des choses. Quand on n’est ni artiste, ni entrepreneur ça a une autre allure : se voir refuser une évolution que l’on espérait, un job que l’on convoitait, se sentir coincé·e dans un rôle qui ne nous convient plus.
Ça me fait penser à cette vidéo de Bon Iver, dont j'aime tant la musique, sous-titrée "Bon Iver in 2009, before his breakthrough year". On y voit Justin Vernon jouer, et le commentaire dit en substance : personne, ce jour-là, ne pouvait deviner ce qui allait suivre.
Pas besoin d'être artiste folk pour le vivre. Depuis, cette idée m'accompagne : chaque fois que je me dis que ça ne marche pas, que je ne peux pas, je repense à cette session d'accrobranche, et je me dis que je suis en train de pouvoir.
Vous êtes en train de pouvoir quoi, vous ?
En avant !
Sandra
PS – À propos d'oser ce qu'on ne sait pas encore faire : la soirée RELIER du 8 octobre, c'est exactement ça. Danser quand on croit ne pas savoir, se montrer un peu maladroit devant des pairs, découvrir ce que le corps a à nous apprendre de notre façon d’être au travail. Le format est nouveau, il bouscule un peu peut-être. Mais si vous sentez ne serait-ce qu'une curiosité, c'est déjà un signe : rejoignez-nous !
Je me réjouis d'y accueillir des invitées du podcast, des clients, des amies… et peut-être vous ? Venez, même seul·e, vous vous sentirez très vite intégré·e. Et si vous avez des questions, répondez simplement à cet email, je vous réponds personnellement.
D'ailleurs, Yohann, le danseur qui nous guidera ce soir-là, a un message pour vous ✉️ - cliquez sur l'image !
Faire de la diversité générationnelle une force, avec Laëtitia Vitaud
Il y a un âge où, sans que personne ne le dise, on arrête de miser sur vous.
Ça ne se décide pas vraiment, ça s'installe : un projet un peu neuf qu'on confie à quelqu'un de plus jeune, une formation qu'on ne vous propose plus, une réunion où votre avis n'est plus tout à fait attendu.
Rien de brutal ; rien qu'on pourrait nommer, seulement une place… qui se déplace.
Le plus troublant, c'est qu'on fait la même chose dans l'autre sens : aux plus jeunes, on ne confie rien de sérieux avant des années, sous prétexte qu'ils sont pressés, volages, pas encore prêts.
C'est de tout ça dont j'avais envie de parler avec Laetitia Vitaud, que je reçois ce mois-ci dans RELIER. On se connaît depuis longtemps, et on a travaillé ensemble au Lab de Welcome to the Jungle France, alors c'était une joie particulière de la retrouver au micro.
Laëtitia est spécialiste des transformations du travail et autrice de « L'atout âge ». Ce qu'elle défend, c'est que l'âge n'est pas un problème à gérer, mais une richesse dont on se prive, un peu bêtement, à tous les âges de la vie.
Elle rappelle, au début de son livre, que pour la première fois dans l'histoire quatre à cinq générations travaillent ensemble. On n'a jamais eu autant de choses à se transmettre, dans un sens comme dans l'autre.
Pourtant, on continue de trier les gens par leur année de naissance, comme si ce chiffre disait quelque chose d’eux, de ce qu'ils savent faire, de ce qu’ils peuvent apporter.
Laëtitia relie les générations : elle ne prend le parti de personne. Elle rappelle simplement que ce réflexe de la case, on en est tous un peu victimes, et qu'on y perd tous quelque chose.
Alors je me pose la question, et je vous la pose aussi : dans nos équipes, sur qui avons-nous cessé de parier sans nous en rendre compte ?
RELIER, c'est justement l'espace où on prend le temps de ces questions. Chaque mois, une conversation avec un.e invité.e qui éclaire le travail autrement, puis un atelier entre managers pour transposer tout ça à ce que vous vivez vraiment.
L'épisode avec Laëtitia est en ligne 👉 https://www.conscious-cultures.com/podcast-relier/laetitia-vitaud-la-diversite-generationnelle-est-une-force
Le 25 septembre, on se retrouve pour l'atelier, ensemble, pour en faire quelque chose de concret, rejoignez-nous ! 👉 https://www.conscious-cultures.com/accompagnement-leadership-durable-manager-relier
(parmi tous les fils tirés dans l’épisode, a priori c’est la notion d’engagement que nous allons creuser dans l’atelier - les membres sont encore en train de voter, et il est temps de les rejoindre pour passer de l’inspiration à l’action !)
La parole à… Parents on board
Vous le savez, la parentalité et le travail est un de mes sujets de cœur, que j’ai beaucoup exploré dans Les Équilibristes. Alors quand Marie Pellerin, la co-fondatrice de Parents on Board, m’a parlé de son travail, j'ai eu envie de le partager avec vous.
Son constat : le soutien à la parentalité en entreprise ne concerne plus seulement les jeunes parents, mais aussi les parents d'ados, les parents solo, les parents aidants. Il est devenu ces dernières années un vrai sujet de politique RH – et c’est tant mieux !
Je leur laisse la parole :
Parents on Board — la 1ère plateforme RH experte des enjeux de parentalité en entreprise
Aujourd'hui, le soutien à la parentalité ne se limite plus aux jeunes parents : futurs parents, parents d'ados, parents solo, parents aidants…
Preuve que les politiques parentales en entreprise gagnent en maturité.Où en êtes-vous au sein de votre propre structure ?
Parents on Board accompagne les entreprises à faire un diagnostic grâce au Family Score, à mettre en place les bonnes actions pour leurs salariés, et à faire de leur politique de parentalité un levier d'attractivité. Plus de 200 employeurs ont déjà rejoint la communauté des entreprises « parents friendly ».
Et si le vôtre en faisait partie ? Parents on Board vous propose son Guide de la parentalité, qui s’adresse aux parents salariés comme aux RH/managers.
Pour échanger avec Marie Pellerin, sa cofondatrice : contact@parentsonboard.fr